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Vivre (Ikiru) d’Akira Kurosawa (Japon, 1952)

 

 

 

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Vivre est un film magnifique, le préféré de Kurosawa, dans la veine du néoréalisme des années d’après-guerre. Un vieux fonctionnaire, Kenji Watanabe (Takashi Shimura) vient consulter un médecin sur ses maux d’estomac. Dans la salle d’attente, il rencontre un autre patient qui lui décrit les symptômes du cancer de l’estomac et les réactions des médecins qui, dans ce cas, refusent de dire la vérité et ne parlent que d’ulcère. Ce qui arrive pendant la consultation. Un fois son patient parti, le médecin demande à ses collaborateurs : « Si vous n’aviez que six mois à vivre, que feriez-vous ? » (17’). L’infirmière répond : « Je m’empoisonnerais ».

Mais le réalisateur ne va pas laisser son personnage sombrer dans le désespoir, mais plutôt explorer ce que signifie « vivre », surtout lorsque le temps est compté. C’est bien sûr d’abord l’abattement qui domine. Kenji Watanabe va d’abord se rendre compte qu’il ne peut plus continuer à vivre comme avant, en fonctionnaire éteint, progressivement devenu insensible aux besoins de la population dont il a la charge, puisqu’il est chef de service dans ce domaine à la ville. Ses collègues le surnomment d’ailleurs « la momie ».

Il va d’abord s’absenter de son travail en se rendant compte qu’il est passé à côté de la vie, qu’il n’en a pas « profité ». Il va se laisser entraîner par les plaisirs à sa portée par l’entremise d’un tenancier de café qui, en riant, se propose de jouer le rôle de « Méphistophélès » (allusion à Faust). Mais la vie de débauche ne l’intéresse pas tant que cela, et la mélancolie reprend le dessus. Dans une sorte de « club » où l’on boit et danse, un pianiste demande une chanson à la ronde et Kenji propose « C’est le moment d’aimer… » (48’). « La vie est si courte, goûte à l’amour… », commence-t-il par chanter, la voix brisée, et les convives perdent goût à la danse.

Le lendemain, Kenji rencontre une ancienne jeune collègue de bureau. Bien vite, il reprend vie à ses côtés, mais la jeune fille rêve d’amour et de fêtes, et bien sûr, entre eux, il ne peut y avoir d’amour… Tout à coup, Kenji a une illumination en regardant un petit lapin mécanique que sa collègue fabrique dans un atelier, son nouvel emploi. Il revient au bureau, repousse ses regrets, désormais convaincu qu’il doit utiliser le temps qui lui reste à vivre pour « accomplir quelque chose » (1h 29’). Il se remémore alors le dépôt d’une pétition demandant d’assainir une zone insalubre pour y construire un parc pour les enfants et les familles et qui avait renvoyé les pétitionnaires de bureau en bureau sans être pris au sérieux et provoquant leur colère. Kenji va complètement s’absorber dans ce projet pour le mener à bien, malgré l’inertie de la bureaucratie, de ses chefs, et les menaces de la pègre locale.

Mais le plus important reste à venir. Au moment des funérailles de Kenji, chacun tente de comprendre le revirement soudain de sa personnalité cinq mois plus tôt. Tandis que l’échevin s’attribue tout le mérite de la réalisation de l’ouvrage, et que d’autres estiment que leur service a joué le rôle principal dans l’affaire, petit à petit les langues de délient, à la faveur du saké, bien arrosé. Par un montage en parallèle (flashback et temps présent), le réalisateur plonge dans les souvenirs de chacun ; la vérité s’impose de plus en plus : Kenji Watanabe n’a pu réaliser le parc que parce que « quelque chose » le portait, qui ne sera jamais vraiment défini dans le film. Finalement, complètement éméchés, les fonctionnaires voient en Watanabe un héros, et se promettent de prendre exemple sur lui, de changer les choses : « C’est une ère nouvelle ! Pour le bien du public ». Cette partie du film aura duré 47 minutes !

Ce qui fait toute la force morale du film, et du personnage, c’est la conviction que quelque chose doit être fait et coûte que coûte. Kurosawa dépeint ici la nécessité pour les japonais de se reprendre, de se mettre au service les uns des autres, de travailler, de retrouver un idéal, de croire en la capacité du changement au lendemain de la défaite de la Seconde Guerre mondiale.

Le caractère tragique du conflit qui a plongé la société toute entière dans la pauvreté, et qui a causé tant de morts, est une occasion pour retrouver la beauté et la richesse de la vie, un temps obscurcie par le « soleil noir » de la politique militariste de l’époque précédente. « How tragic that man can never realize how beautiful life is until he is face to face with death » (« Comme il est tragique que l’homme ne puisse jamais réaliser combien la vie est belle tant qu’il n’est pas face à la mort ») semble être la morale du film. En ce sens, le réalisateur se montre humaniste, encore sous l’influence dostoïevskienne de L’idiot qu’il a réalisé un an auparavant, et inspiré par certains principes chrétiens.

En méditant sur le film, il m’a semblé qu’il est possible de faire un rapprochement avec les Évangiles. D’ailleurs le réalisateur campe le personnage de Kenji Watanabe comme « le Christ portant sa croix », comme le dit explicitement « Méphistophélès ». Il ressemble à un des ouvriers de la dernière heure. « "Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?" [demande le maître d’un domaine]. Ils lui répondirent : "Parce que personne ne nous a embauchés". Il leur dit : "Allez à ma vigne, vous aussi" » (Mt 20, 6-7). Et voilà que l’ouvrier de la dernière heure reçoit autant que ceux qui ont travaillé toute la journée. « Perdre son temps à ne rien faire » est pire que la corruption dira un fonctionnaire.

En cinq mois, Kenji parviendra à mener à bien son projet, alors qu’il a « végété » en 30 ans. Il a réussi à réaliser ce qu’aucun de ses collèges ne pourra jamais accomplir, comme le montre peu après le réalisateur. En effet, après la mort de Watanabe, ces derniers sont incapables d’aller jusqu’au bout de leurs résolutions au moment des funérailles de leur collègue.

Dès lors la chanson : « C’est le moment d’aimer », qui revient à la fin du film, prend un tout autre sens : un agent de police avait témoigné aux funérailles que Kenji l’avait chantée joyeusement, dans le parc, sur une balançoire, juste avant de mourir. Il avait trouvé ce « moment pour aimer » ceux qui étaient dans la détresse, comme L’Idiot a pu le faire avec Nastassia Philippovna. Il a trouvé un sens à l’ultime étape de sa vie, qui rachète toute son existence passée de « momie ». Il a trouvé le sens de la vie. Et comment ne pas songer à cette prière, attribuée à Mère Teresa ?

La vie est la vie

La vie est beauté, admire-la
La vie est félicité, profites-en.
La vie est un rêve, réalise-le.
La vie est un défi, relève-le.
La vie et un devoir, fais-le.
La vie est un jeu, joue-le.
La vie est précieuse, soigne-la bien.
La vie est richesse, conserve-la.
La vie est amour, jouis-en.
La vie est un mystère, pénètre-le.
La vie est une promesse, tiens-la.
La vie est tristesse, dépasse-la.
La vie est un hymne, chante-le.
La vie est un combat, accepte-le.
La vie est une tragédie, lutte avec elle.
La vie est une aventure, ose-la.
La vie est bonheur, mérite-le.
La vie est la vie, défends-la.

Abbé Jean-Luc Maroy

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Jean-Luc Maroy
(Faculté de théologie UCL)

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